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Le bruit aérien constitue l’une des principales préoccupations environnementales liées aux activités aéroportuaires.
Avec la densification urbaine autour des plateformes et l’évolution des modes de vie (télétravail, attentes accrues en matière de qualité de vie), la maîtrise du bruit est devenue un facteur clé d’acceptabilité sociale du transport aérien.
Les aéroports doivent aujourd’hui concilier :
- la connectivité des territoires,
- la performance économique,
- la qualité de vie des riverains.
Comparaison avec les autres transports
Dans le cadre des transports, le trafic aérien n’est pas la principale source de pollution sonore :
- le trafic routier est de loin la première source de bruit en Europe,
- le bruit ferroviaire concerne également plusieurs millions de personnes, notamment la nuit,
- le bruit aérien, bien que très localisé autour des aéroports, affecte une population plus restreinte.
Le bruit aérien est moins étendu, mais plus sensible localement, car il est perçu comme soudain et intermittent.
Les progrès technologiques ont permis une réduction très significative du bruit des avions :
- depuis les années 1950, le bruit des avions commerciaux a diminué d’environ 75 %,
- les avions de nouvelle génération (ex. A320neo) intègrent des moteurs plus silencieux,
- le rétrofit d’appareils existants permet aussi des gains acoustiques mesurables.
Cependant, la croissance du trafic, si elle n’est pas accompagnée de mesures adaptées, peut accroître la gêne ressentie.
Deux indicateurs principaux sont utilisés :
- Lden (day-evening-night) : niveau moyen sur 24 h, avec pénalités le soir (+5 dB) et la nuit (+10 dB).
- Lnight : indicateur spécifique à la période nocturne.
Les mesures reposent sur :
- des stations de bruit installées par les gestionnaires d’aéroport,
- le croisement avec les données de trajectoires fournies par la navigation aérienne.
1. Réduction à la source
- avions plus silencieux,
- renouvellement et modernisation des flottes,
- incitations économiques (modulation de redevances).
2. Procédures opérationnelles
- descentes continues,
- optimisation des trajectoires,
- usage de pistes préférentielles.
3. Urbanisme et prévention
- Plans d’exposition au bruit (PEB) pour encadrer l’urbanisation,
- maîtrise de l’implantation de nouveaux logements en zones exposées.
4. Protection des riverains
- Plans de gêne sonore (PGS),
- aides à l’insonorisation des logements, financées par la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA).
5. Restrictions d’exploitation (en dernier recours)
- plafonds de vols,
- restrictions nocturnes,
- couvre feu.
Selon le principe de l’approche équilibrée, préconisé au niveau international par l’OACI,, ces restrictions ne doivent être envisagées qu’après avoir épuisé les autres solutions.
Une gouvernance partagée et complexe
La gestion du bruit aérien mobilise de nombreux acteurs :
- L’État et la DGAC : définition du cadre réglementaire national, suivi des nuisances,
- La DSNA : conception des trajectoires et procédures de vol,
- L’ACNUSA : contrôle indépendant des nuisances et respect des règles,
- Les préfets : pilotage des études d’impact et des plans d’action,
- Les compagnies aériennes : choix des avions et des procédures d’exploitation, financement de l’aide à l’insonorisation des foyers (TNSA),
- Les gestionnaires d’aéroport : mesure du bruit, concertation, gestion de l’aide à l’insonorisation,
- Les collectivités et les associations de riverains : expression des attentes locales.
Les exploitants d’aéroport jouent un rôle de chef d’orchestre, avec des marges de manœuvre variables selon les leviers.
Contrairement aux transports routiers ou ferroviaires, les mesures de protection contre le bruit aérien sont financées intégralement par le secteur aérien via la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA), payée par les compagnies.
Les fonds servent essentiellement à l’insonorisation des logements riverains.
- Les nuisances sonores aéroportuaires constituent un enjeu local important, qui fait l'objet d'efforts continus de réduction grâce aux progrès technologiques et opérationnels.
- Si le bruit aérien concerne une population plus restreinte que le bruit routier, il fait l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics et des acteurs du secteur, au travers de nombreux dispositifs de suivi, de régulation et de concertation.
- La réduction du bruit repose sur une combinaison de leviers, techniques, opérationnels, urbanistiques et économiques.
- Les aéroports sont engagés dans une démarche continue visant à concilier les besoins de mobilité aérienne, le développement des territoires et la préservation de la qualité de vie des riverains.
Lien utile : https://www.acnusa.fr/