La transition énergétique des aéroports Un pilier incontournable de la décarbonation du transport aérien

engins de piste

DELAPIERRE

Face à l'urgence climatique et aux objectifs européens et internationaux de réduction des émissions de GES, les aéroports sont au cœur de la transition énergétique du transport aérien.

Au-delà de leurs propres activités, ils jouent un rôle structurant pour l'ensemble de l'écosystème aéroportuaire en facilitant le déploiement des nouvelles énergies, l'adaptation des infrastructures et l'émergence des technologies qui permettront de réduire l’impact environnemental de l'aviation dans les décennies à venir. 

Les exploitants d’aéroport exercent un triple rôle dans la décarbonation du secteur :

1. Réduire les émissions propres à l’exploitation aéroportuaire (scopes 1 et 2)
Les aéroports agissent directement sur :

  • la consommation énergétique des bâtiments et terminaux,
  • les véhicules et engins de piste,
  • la production et l’achat d’énergie.
     

Ces émissions représentent une part minoritaire des émissions du transport aérien (environ 5 %), mais sur laquelle les aéroports disposent de leviers d’action immédiats et maîtrisables.

2. Jouer un rôle de chef d’orchestre de la décarbonation de la plateforme (scope 3)
Les aéroports ont également vocation à organiser et de coordonner la réduction des émissions de l’ensemble des acteurs présents sur la plateforme :

  • compagnies aériennes,
  • assistants en escale,
  • sous traitants,
  • exploitants de commerce,
  • opérateurs de transport terrestre.


Ils assurent un rôle de pilotage collectif, indispensable pour réduire les émissions de scope 3, qui constituent la part principale du bilan carbone d’une plateforme.

3. Préparer les infrastructures à l’arrivée de l’avion bas carbone
Les aéroports doivent anticiper l’arrivée :

  • des avions électriques et hybrides,
  • des avions à hydrogène,
  • et la montée en puissance des carburants aéronautiques durables (SAF).
     

Cette évolution marque une rupture majeure : historiquement alimentés quasi exclusivement au kérosène, les aéroports doivent désormais gérer une mixité énergétique complexe, combinant électricité, hydrogène, carburants durables et réseaux intelligents.

Sur une plateforme aéroportuaire, les principales sources d’émissions de CO₂ sont :

  • les avions, notamment au sol (usage des APU),
  • les accès terrestres (passagers, salariés, taxis, VTC, fret).


C’est pourquoi l’action des exploitants d'aéroport se concentre non seulement sur leurs propres émissions, mais aussi sur :

  • la substitution des APU par de l’électricité et de l’air préconditionné,
  • la décarbonation des accès terrestres,
  • le développement de l’intermodalité.

Pour répondre à ces enjeux, les aéroports français ont engagé des chantiers structurants et complémentaires :
Production d’énergies renouvelables et stockage

  • Production d’énergie renouvelable sur site : photovoltaïque, 
  • géothermie et hydrogène,
  • Développement du stockage énergétique.
     

Les projets recensés en développement du photovoltaïque représentent déjà un potentiel d’environ 600 GWh, soit la consommation annuelle d’une ville comme Bordeaux.

Les projets recensés en développement du photovoltaïque représentent déjà un potentiel d’environ 600 GWh, soit la consommation annuelle d’une ville comme Bordeaux.

Sobriété et efficacité énergétiques

  • Rénovation thermique des bâtiments,
  • Équipements basse consommation,
  • Pilotage intelligent des usages,
  • Sensibilisation des salariés et des usagers.

Consommer moins est le levier le plus rapide et le plus rentable à court terme.

Électrification des opérations au sol

  • Substitution des APU par des solutions électriques (400 Hz, air préconditionné),
  • Électrification des engins de tarmac,
  • Modernisation profonde des réseaux électriques.

Ces investissements sont rendus obligatoires par la réglementation européenne (AFIR et RTE-T).

Décarbonation des véhicules et des accès terrestres

  • Véhicules électriques, bioGNV, biocarburants ou hydrogène,
  • Bornes de recharge pour passagers et salariés,
  • Renforcement des dessertes ferroviaires,

Les transports terrestres constituent un gisement majeur de réduction d’émissions.

Préparer la mixité énergétique de demain
Les aéroports devront devenir de véritables hubs énergétiques décarbonés, capables de :

  • produire,
  • stocker,
  • distribuer différentes formes d’énergie, au bénéfice du transport aérien et des territoires.

Le programme Airport Carbon Accreditation (ACA) est la seule certification internationale dédiée à la gestion carbone des aéroports. Il reconnaît, de manière indépendante, les progrès réalisés selon une trajectoire de réduction des émissions.
 

  • La France est un des premiers pays au monde avec près de 50 aéroports engagés dans l’ACA.
  • Plusieurs plateformes se sont engagées dans les niveaux les plus ambitieux du programme ACA. Plusieurs aéroports français, dont Lyon-Saint Exupéry et les Aéroports de la Côte d’Azur, ont déjà atteint le niveau le plus élevé, impliquant notamment une réduction absolue de 90 % ou plus des émissions de CO₂ des scopes 1 et 2. 

Grâce à leur foncier, leurs capacités d’investissement et leur position centrale dans les mobilités, les aéroports sont appelés à devenir :

  • des pôles de production et de distribution d’énergies décarbonées,
  • des facilitateurs de la transition énergétique à l’échelle de leur plateforme et de leur environnement territorial,
  • des lieux d’expérimentation et de déploiement de solutions innovantes en matière d’énergie, de mobilité et d’adaptation au changement climatique.

La transition énergétique des aéroports ne se limite pas à un enjeu propre aux plateformes aéroportuaires. Elle constitue un levier important pour accompagner la décarbonation progressive du transport aérien et renforcer l'intégration des aéroports dans les stratégies de transition énergétique des territoires.